L’ouverture des concerts est assez impressionnante. Lorsque nous arrivons dans la cours deux enfants sont sur la scène. Ils rappent. Ce qui nous impressionne dès le départ c’est leur façon très professionnelle de bouger, d’occuper l’espace, de s’approprier la scène. Et puis en les écoutant nous sommes touchées par leur texte dont la portée sociale, politique, écologique sonne juste. Nous nous posons des questions et nous posons des questions, nous cherchons à savoir qui ils sont. C’est Odile qui nous apporte les réponses. Big Flo et Oli sont deux rappeurs à texte de 11 et 13 ans qui écrivent, composent et interprètent. Deux artistes complets. Impressionnants.
Sur la scène leur succède Carlos Osuna et le colectivo Fantasma, qui nous propose un concert d’Intelligent Dance Music. Attention rien à voir avec la Dance mais plutôt une manière de spécifier qu’il s’agit de composition à partir de musique dansante. Là aussi la musique sonne juste, et les rythmes emballent. Il est peut être un peu trop tôt pour que l’impact soit ce qu’il aurait pu être mais on sent déjà une foule prête à bouger. Et un petit groupe devant nous en costume coloré (je me demande d’ailleurs s’ils étaient déguisés ???) lance la danse. Et puis petit à petit la place se remplit, les verres aussi. Il faut laisser le temps au bar d’entrer en jeu et rien de moins facile. Accéder à une boisson relève par certains aspects du parcours du combattant. D’abord passer les obstacles « pardon, pardon » et puis une fois au bar, il faut se faire entendre. Pour faire plus drôle je me suis rajoutée un épreuve : demander un verre de jus de fruit au stand tapas et… y oublier mon portefeuille. Enfin bon rassurez-vous j’ai fini par l’avoir mon verre de jus d’orange et on m’a même retrouvé mon portefeuille !!! Mais l’intérêt est justement que durant ces temps d’attente on retrouve des gens. On discute entre deux morceaux. On commente. Voici Marie qui s’approche de la scène pour prévenir Carlos Osuna et sa bande que leur temps est écoulé, qu’il faut conclure, laisser la place aux deux autres groupes Morro Clandestino et La Tormenta qui s’enchaînent, l’un après l’autre. Et nous voici repartit en Amérique… L’heure plus propice et les corps maintenant réchauffés la foule se déhanche aux rythmes des instruments à vent, des percu, des basses et même d’un triangle…
Et puis voilà pour moi il se fait tard (je sais que certains, je ne nomme personne, souris à ce tard qui leur semble bien tôt…), et je prend le chemin de chez moi. Dehors des barrières et un gars du service d’ordre empêchent les retardataires d’entrer. Un panneau m’annonce ma sortie définitive. La place est bouclée, personne n’accède plus aux concerts et on entend des grondements de la part de ceux qui auraient bien voulu entrer.
En rentrant, je repense à ce que j’ai vue aujourd’hui. Impressionnée par tout le talent et la créativité qui existe et qui ne se découvre qu’à de rare moment. Le festival est justement l’occasion de les montrer et de les découvrir. C’est en cela que je veux croire, c’est sur cela que je m’arrête…
Marion


















